16 Avr 2020

Le plan d’urgence économique porté à 110 milliards d’euros

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Le plan d’urgence économique porté à 110 milliards d’euros

Le plan d’urgence économique destiné à éviter la faillite des entreprises voit ses crédits portés à 110 milliards d’euros. Pour le ministre de l’économie, la crise économique engendrée par l’épidémie de coronavirus va durer « des années ».

2ème budget rectificatif  pour 2020

En moins d’un mois, les prévisions de croissance pour la France sont tombées de moins 1% à moins 8%. C’est un chiffre sévère, c’est un chiffre provisoire. L’évolution de ce chiffre dépendra de la situation économique internationale et des risques de pandémies en Europe et ailleurs », a insisté Bruno Le Maire.  le déficit devrait passer à 9% et la dette à 115% du PIB.

Le président de la commission, Eric Woerth, a évoqué des « chiffres impressionnants » marquant « un plongeon de nos finances publiques et de notre économie ». ce plan d’urgence est motivés par une « bonne raison » : « Faire en sorte que nous évitions la faillite de notre économie et le chômage qui irait avec. »

Le PLFR porte ainsi de 45 à 110 milliards d’euros le plan d’urgence économique présenté le 17 mars. Ces mesures s’accompagnent de la garantie de l’Etat de 300 milliards d’euros pour les prêts aux entreprises et  du plan de sauvetage de l’Union européenne de 540 milliards d’euros.

Renforcement du fonds de solidarité

Par ailleurs, le fonds de solidarité voit ses crédits considérablement augmenter, à plus de 7 milliards d’euros. La participation de l’état passe de 750 millions d’euros à 6,25 milliards d’euros. Les régions ont déjà annoncé porter leur part de 250 à 500 millions d’euros et les assureurs de 200 à 400.

917.000 entreprises (TPE, indépendants, professions libérales…) ont déjà fait appel au fonds d’après Bercy. Comme l’a déjà annoncé Bruno Le Maire mercredi le mois de mars 2019 ne sera plus le point de référence des pertes de chiffres d’affaires. Le calcul se fera sur la moyenne mensuelle de 2019. Par ailleurs, le fonds est élargi aux agriculteurs en groupements, aux entreprises en redressement judiciaire.

De nouveaux dispositifs de soutien aux PME et ETI

Le gouvernement introduit de nouveaux soutiens aux PME, ETI et les entreprises stratégiques. Il prévoit ainsi une ligne de 20 milliards d’euros pour apporter du capital aux entreprises stratégiques en difficulté. Une vingtaine d’entreprises ont d’ores-et-déjà été identifiées.

Entre les dépenses nouvelles et les énormes pertes de recettes envisagées, le gouvernement doit faire face à un effet ciseau. Le déficit bondit de 74,4 milliards d’euros par rapport au premier budget rectificatif, à moins 183,5 milliards d’euros, contre moins 90,3 dans le budget initial pour 2020. Les députés sont amenés à voter le texte vendredi, suivis du Sénat, mardi.

De l’urgence à la relance

Ce plan est d’une « ampleur exceptionnelle », a souligné le Premier ministre Edouard Philippe à l’issue du conseil des ministres. « Nous devrons prolonger ce plan, une fois la crise sanitaire maîtrisée, par des mesures ambitieuses de relance pour aider notre économie à redémarrer vite et fort. L’objectif aujourd’hui est de sauvegarder, demain il sera de relancer », a-t-il déclaré.

Devant les députés, Bruno Le Maire a affirmé pour sa part que ce n’était ni une affaire de semaines, ni de mois : « Nous en avons pour des années à sortir des conséquences économiques de cette crise. Selon lui, la stratégie de relance doit reposer sur quatre piliers :

  • L’investissement des entreprises
  • Le soutien de la demande alors qu’une « épargne de précaution est en train d’être constituée »
  • Un plan de soutien spécifique à l’hôtellerie-restauration, le tourisme, l’industrie automobile, l’industrie aéronautique, le transport aérien.
  • La coopération européenne. « Si nous décidons de soutenir les salariés les plus modestes (…), faisons attention à ce que, de l’autre côté, l’Allemagne n’ait pas une stratégie de modération salariale. »

Consulter l’article : Banque des territoires 15/04/2020

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